30.1.11

La mémoire collective

La semaine dernière, je réécoutais The Social Network. Toujours aussi bon (à mon avis). Ensuite, j'ai changé de DVD afin de jeter un coup d'oeil au making-of qui s'est avéré être un véritable documentaire de 1h30. Complet, hallucinant, et aussi troublant que le film d'une certaine façon...

The Social Network est inspiré de faits vécus, mais il y beaucoup d'éléments de fiction dans le film. À la base, le livre duquel il a été adapté (The Accidental Billionnaires) était une collaboration entre son auteur et Eduardo Saverin (co-fondateur de Facebook, au coeur du film) jusqu'à ce que Saverin en vienne à une entente confidentielle avec Zuckerberg. Il s'est alors retiré du projet littéraire.

Ce qu'il y a de troublant dans le making-of, c'est l'aspect "fiction" qui prend toute son ampleur. On réalise à quel point ce film n'est en rien différent de n'importe quel autre film. Les artisans y remettent en question des éléments de la structure narrative, des répliques, des intentions, etc. Tout ça dans le but de faire "un meilleur film", mais jamais dans le but de "représenter la réalité". De ce côté, on ne peut rien reprocher aux cinéastes. Le film ne s'est jamais publicisé autour d'une prétention d'authenticité. Les principaux collaborateurs ont toujours défendu leur film en précisant que certains éléments ou personnages avaient été ajoutés à des fins dramatiques.

Et la mémoire collective dans tout ça ?

Aujourd'hui, le film ne pose pas de problème. On est en plein dans le phénomène Facebook et la majorité des gens peuvent faire la part des choses en ce qui concerne la réalité et la fiction. Mais dans 50, 100, 150 ans, quand Zuckerberg et tous les autres seront morts et qu'on voudra revenir dans le passé pour essayer de comprendre Facebook, le film sera une pièce à conviction majeure. Et là, sans doute, on aura plus de difficulté à faire la part des choses.

The Social Network n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Il est toujours difficile pour quiconque devient connu de se battre pour ce en quoi il croit, car au final, la mémoire collective aura toujours raison de la perception que l'on gardera. Et cette mémoire, elle n'est pas toujours le reflet de la réalité.

Les exemples sont nombreux : l'héritage musical de Zappa a été complètement vidé d'opinions, réflexions et philosophies derrière sa démarche. Au final, la mémoire collective ne retient qu'une partie de sa musique, sa moustache, et on oublie tranquillement le reste. On ne retient que les bons ou mouvais coups des politiciens, mais rarement qui ils étaient vraiment comme personnes. On ne retient de James Dean ou Marilyn que l'image qu'ils dégagent sur des posters dans une résidence d'étudiants... Etc.

Au final, on se demande pourquoi tant de gens accordent autant d'importance à l'image qu'ils dégagent, mais l'histoire nous montre que c'est à peu près tout ce que l'on retiendra d'eux de toute façon. Ceux qui parviennent à entrer dans la mémoire collective pour leurs convictions réussissent sans doute un véritable exploit ! En fin de compte, que Zuckerberg soit un troul-de-cul ou non, cela n'aura plus vraiment d'importance. Dans tous les cas, on retiendra qu'il a créé le plus gros des réseaux sociaux alors qu'il dégageait l'image d'un être asocial et solitaire...

28.1.11

À qui s'adresse ce film ?

J'ai du respect pour les critiques qui sont sont assez intelligents pour penser à quel genre de public le film s'adresse au lieu de se fier uniquement à leur "connaissance du cinéma". Je lisais aujourd'hui une critique de The Mechanic. Bon, on s'entend que ce n'est probablement pas un chef d'oeuvre qui va passer à l'histoire (je spécule, je ne l'ai pas vu), mais le critique a été assez brillant pour dire que "dans le genre", c'est un film qui "fait bien la job" !

Pour faire une comparaison alimentaire, il faut comparer des pommes avec des pommes et des oranges avec des oranges... On ne comparera pas No Strings Attached avec Citizen Kane, mais c'est logique qu'on compare The Mechanic à The Expandables ! Bravo !

26.1.11

Ti-gars

Un p'tit gars passe dans la rue. J'y dis salut en fumant ma cloppe, y dit Allô et s'éloigne, bifurque vers le trottoir. Je le regarde aller. Plus loin, y rentre dans le banc de neige et se met à casser un bâton de bois servant au déneigement. Funny little kids.

Black Swan

Hier, je suis allé voir Black Swan pour la deuxième fois. C'est un film à étudier, à voir et à revoir. Au niveau de la subjectivité et du point de vue, c'est un exemple à suivre ! Au niveau de l'évolution narrative, c'est une leçon de cinéma. C'est un "film métaphore" qui adapte de façon contemporaine les éléments du Lac des cygnes alors que le ballet est lui-même au coeur de l'histoire. La fin devient prémonitoire, ce qui ajoute à la folie et à l'obsession...

Au niveau du "point de vue"... Je repensais hier à un reproche qu'on m'a déjà fait à l'école de cinéma par rapport au point de vue adopté dans un de mes courts métrages. Il y a clairement des niveaux à la subjectivité, mais un film peut-il être complètement objectif ? Je crois que non. S'il est objectif au niveau de la mise en scène, il sera subjectif au niveau du scénario, et vice-versa. Si vous avez des exemples qui contredisent ce que je viens de dire, j'aimerais bien les connaître. Ça m'obsède un peu parce que la subjectivité est toujours reliée au "pouvoir" que le réalisateur a sur le spectateur. La majorité des gens qui vont au cinéma mettent leur cerveau à off. Il y a donc une certaine responsabilité éthique qui s'impose lorsqu'on joue dans leurs têtes pendant deux heures de temps. Une responsabilité qui demande une grande réflexion sur la subjectivité qu'on décide d'aborder.

Bref, qu'est-ce qui fait en sorte qu'on décide d'aborder un angle plutôt qu'un autre lorsqu'on adapte une histoire ? C'est probablement l'angle dans lequel on se reconnaît le plus. D'où l'importance d'avoir un détachement des plus complets quand on se fait proposer une histoire qui n'est pas nécessairement dans nos cordes. Sinon, on risque d'aborder le mauvais angle, ou d'en développer un qui n'est pas au centre de l'histoire. Est-ce que Aronofsky se reconnaît dans l'obsession de la perfection ? Probablement. Ça devient récurent dans sa filmographie.

-Mitch

25.1.11

Poings de vue

Après 16 semaines de débats, moi pis Mitch on finit par trouver le titre de notre nouveau blog. T'ArtPette n'a pas été accepté, neither 2 Cors valent mieux qu'un. L'un était homophobe et l'autre sonnait un peu gay pour un blog écrit par 2 gars.

Donc le sujet du blog est de parler d'art. On verra ce que ça va donner. Donc voilà ce que je voulais vous raconter c'est qu'on a trouvé le titre "Poings de vue" et j'ai dit à Mitch de le créer. Y me dit "l'adresse est pas disponible". Faque j't'allé me chercher un brainwash de Vitamine D pis j'ai réussit à le créer, moé, le maudit blog. Bon. Va falloir faire faire faire un voyage à Mitch dans un pays pauvre pour qu'y s'trouve un peu de Vitamine D mais on le pardonne.

-Séb