7.2.12
Comment arrêter une balle avec ses mains
29.12.11
Revue de presse
Les ondes électromagnétiques émises par les nouveaux compteurs d'Hydro-Québec : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/339274/compteurs-intelligents-hydro-fonce-malgre-les-questions-en-suspens
- Séb
4.7.11
I bought
and a speed ticket
and a newspaper telling me the access to property is growing down
and ice cream
and ice cream
and ince cream
and her a beer
and a coffee and ice cream
and i'll buy food
and again
and gazoline
and cigarettes
and I don't know anymore
what will be going on
If we could get rid
of the generation of LandLords
than we'd be okay
than for a while.
-Séb
I sorta would like to see you like right now but I hope it is better for you to be there and anyway it looks alike i'm busy down here so even if you'd be around what would I offer you ? May you give some news.
20.5.11
19.5.11
Studio
Une grande première : se faire payer le lunch par son client. Il est adorable. Et puis, sa musique est bonne.
Succès à toi, Mathieu de Margerie!
-Séb
6.5.11
Le jour où je me suis aimé...
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle n'étaient rien d'autre qu'un signal lorsque je vais à l'encontre de mes convictions. Aujourd'hui je sais que cela s'appelle… l'Authenticité.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, J'ai cessé de vouloir une vie différente et j'ai commencé à voir que tout ce qui m'arrive contribue à ma croissance personnelle. Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle… la Maturité.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai commencé à percevoir l'abus dans le fait de forcer une situation ou une personne, dans le seul but d'obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n'est pas le moment… Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle… le Respect.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai commencé à me libérer de tout ce qui n'était pas salutaire, personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie. Au début, ma raison appelait cela de l'égoïsme. Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle… l'Amour propre.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai cessé d'avoir peur du temps libre et j'ai arrêté de faire de grands plans, j'ai abandonné les méga-projets du futur. Aujourd'hui, je fais ce qui est correct, ce que j'aime quand cela me plait et à mon rythme. Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle… la Simplicité.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai cessé de chercher à avoir toujours raison, et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé. Aujourd'hui, j'ai découvert … l'Humilité.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l'avenir. Aujourd'hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe. Aujourd'hui, je vis une seule journée à la fois. Et cela s'appelle… la Plénitude.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir. Mais si je la mets au service de mon cœur, elle devient une alliée très précieuse ! Tout ceci, c'est… le Savoir vivre.
Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter.
Du chaos naissent les étoiles.
- Charlie Chaplin.
29.3.11
Re: neorhino
Ce matin - il est tout de même 18h28, mais j'aime l'expression ce matin - je lis le courriel ci-bas et je me dis : ben oui, je suis pour la décroissance, je vais aller m'acheter une terre, m'installer dessus pis être relax. Lâcher le reste de ce que j'ai, et tout ce que je fais.
Il y a les matin où j'ai envie de partir : déménager en thailande, au cambodge, au mexique, whatever, et enseigner les langues là bas. Vivre avec le minimum, mais survivre de mon salaire d'enseignant. En profiter pour visiter un autre pays.
Et il y a les matins où je fais comme aujourd'hui : je gère une carrière musicale. Ou j'essaie. Demain je suis en entrevue à la radio, le lendemain j'utilise ma voiture et vais donner un show à montréal. Je reçois des appels et je gère un horaire, un agenda, des rendez-vous. Je book des shows. J'écris des emails, pis d'autres. J'envoie un dossier de presse ça d'épais dans la poste à 10 festivals différents. (ça coûte 40 piasses)
Et il y a les matins où tu m'écris un courriel. Où c'est écrit "viens dont habiter à whitehorse", avec tout ce que ça peut vouloir dire. C'est crissement mon fantasme ça, travailler à Parc Canada, dehors, guider des touristes allemands ou réparer des sentiers. Manger du gazon. Mais bon. Je suis ici, et je m'entête à vouloir démarrer une entreprise, un succès, mes ventes de disques ou ma vente de spectacles. Au XXIe siècle. Ça sera pas facile, et je vais peut-être même en mourir. Sans terre pour me nourrir. Et là, là seulement, j'espèrerai qu'il me restera une place pour dormir, et travailler, une terre dans le nord, à quelques miles de Rimouski. Merci d'être là. Je ne t'oublierai pas, mais ce n'est pas pour cette année. Et j'espère que, d'ici là, il y aura quelqu'un pour te combler, quelque part, dans ton cœur.
-Séb
This message isn't intended to be depressive even if it really sounds like it.
From: Maude Champagne
Date: 2011/3/26
Subject: Une lettre de Fred Vargas…
To:
Maude
Objet : Une lettre de Fred Vargas…
Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille) récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.
Fred Vargas
Archéologue et écrivain