Ne prenez pas cet article au sérieux. Ou si,
prenez-le, mais ne venez pas vous plaindre que je ne vous aurai pas averti. Je
viens de lire un article sur l’importance d’écrire. Chaque jour. À la même
heure si possible. À go, on crée. Go !
Bref, cet auteur
que j’aime bien préconise la routine et la recherche d’inspiration pour trouver
un sujet. Jusque là, je suis d’accord. « Si vous manquez d’inspiration,
lisez quelque chose et buvez beaucoup de café ». Je simplifie un peu, mais
l’idée est là.
Je crois depuis
longtemps aux vertus thérapeutiques de l’écriture. Quand ça va mal, j’ouvre une
page blanche et je me défoule comme un con. Au point où si j’avais l’intention
de faire carrière en politique un jour, il ne faudrait surtout pas que quelqu’un
me pique mon ordinateur et révèle au grand jour la portée de mes élans
dramatiques du vendredi soir.
Écrire, c’est bien.
C’est magique même d’une certaine façon. Mais écrire, ce n’est rien si personne
ne nous lit. Quoique des fois, on a beau ce dire qu’il serait mieux si tel
auteur n’était pas lu. Bref, malgré tous mes élans dignes de Werther, je me
suis rendu compte que la thérapie prend seulement effet à partir du moment où
quelqu’un accepte de lire mes conneries. Mais comme ce sont des conneries, je
ne peux quand même pas les faire lire à n’importe qui…
Alors voici comment
ça fonctionne. Dans l’ordre : vous écrivez ce que vous pensez et si vous
êtes le moindrement vertueux, en plus vous êtes honnête. Bien. Dans ce cas
arrangez-vous pour ne jamais gagner votre vie à écrire. Quand votre portefeuille
déprend de vos idées, vous obtenez la ligne directe pour la corruption de l’esprit.
C’est à s’en dire : « J’ai faim, donc je vais écrire n’importe quoi ».
Ensuite, si vous êtes le moindrement talentueux, vous devenez célèbre. Les gens
vous aiment et vous suivent. Ensuite, si vous êtes le moindrement con, vous
voulez que les gens continuent de vous aimer donc vous écrivez n’importe quoi.
Ensuite, si les gens qui vous suivent sont assez cons, ils se mettent à croire
que ce que vous écrivez comme connerie a autant de valeur que les bons textes
que vous faisiez au début.
Si vous êtes le
moindrement brillant, vous allez vous en sortir avec un minimum d’imagination
et de stratégie. Si vous êtes con, vous allez finir comme tous ces groupes de « one
hit wonder » qui n’ont jamais compris la recette de leur succès.
On ne me suit pas
encore, mais j’ai l’impression d’avoir de bonnes idées. Si un jour j’ai des
lecteurs attentifs, il faudrait que je m’engage à ne pas les décevoir. Mais
quand on écrit d’abord à des fins thérapeutiques, autant dire qu’il ne faut pas
s’empoisonner avec l’eau qu’on se sert à soi-même…