29.3.11

Re: neorhino

Tu vois, il y a des jours comme ça,
et des jours comme ça.

Ce matin - il est tout de même 18h28, mais j'aime l'expression ce matin - je lis le courriel ci-bas et je me dis : ben oui, je suis pour la décroissance, je vais aller m'acheter une terre, m'installer dessus pis être relax. Lâcher le reste de ce que j'ai, et tout ce que je fais.

Il y a les matin où j'ai envie de partir : déménager en thailande, au cambodge, au mexique, whatever, et enseigner les langues là bas. Vivre avec le minimum, mais survivre de mon salaire d'enseignant. En profiter pour visiter un autre pays.

Et il y a les matins où je fais comme aujourd'hui : je gère une carrière musicale. Ou j'essaie. Demain je suis en entrevue à la radio, le lendemain j'utilise ma voiture et vais donner un show à montréal. Je reçois des appels et je gère un horaire, un agenda, des rendez-vous. Je book des shows. J'écris des emails, pis d'autres. J'envoie un dossier de presse ça d'épais dans la poste à 10 festivals différents. (ça coûte 40 piasses)

Et il y a les matins où tu m'écris un courriel. Où c'est écrit "viens dont habiter à whitehorse", avec tout ce que ça peut vouloir dire. C'est crissement mon fantasme ça, travailler à Parc Canada, dehors, guider des touristes allemands ou réparer des sentiers. Manger du gazon. Mais bon. Je suis ici, et je m'entête à vouloir démarrer une entreprise, un succès, mes ventes de disques ou ma vente de spectacles. Au XXIe siècle. Ça sera pas facile, et je vais peut-être même en mourir. Sans terre pour me nourrir. Et là, là seulement, j'espèrerai qu'il me restera une place pour dormir, et travailler, une terre dans le nord, à quelques miles de Rimouski. Merci d'être là. Je ne t'oublierai pas, mais ce n'est pas pour cette année. Et j'espère que, d'ici là, il y aura quelqu'un pour te combler, quelque part, dans ton cœur.

-Séb
This message isn't intended to be depressive even if it really sounds like it.


---------- Forwarded message ----------
From: Maude Champagne
Date: 2011/3/26
Subject: Une lettre de Fred Vargas…
To:


Prenons soin de la planète dans nos choix et nos gestes.
 
Maude
 
 
 
Objet : Une lettre de Fred Vargas…

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.

Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.

Nous avons chanté, dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.

Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

Franchement on s'est marrés.

Franchement on a bien profité.

Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.

Certes.

Mais nous y sommes.

A la Troisième Révolution.

Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.

« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

Oui.

On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.

C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.

La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.

De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.

Son ultimatum est clair et sans pitié :

Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).

Sauvez-moi, ou crevez avec moi.

Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.

D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.

Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille) récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).

S'efforcer. Réfléchir, même.

Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.

Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.

Pas d'échappatoire, allons-y.

Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.

Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.

A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut être.

A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.

A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.


 

Fred Vargas
Archéologue et écrivain





16.2.11

Youtube

Estie qui a de la marde sur YouTube

Pleins de jolies asiatiques. http://www.youtube.com/watch?v=dgO11qy2-dw&feature=related
Ça, à la limite, c'est juste cool qu'il y ait ça sur Youtube. Celle à 00:22 j'aimerais avoir sa coupe de cheveux. 1:16 aussi. 1:31 WOW. C'est cette coupe là que je veux.

La fille a fait 13'000 vidéos bipolaires / spirituels / maniaco-répressifs / expert y mentaux / avec des titres réferrant à l'actualité (!?!) et en russes. Câlisse !!! Y'en a genre 15 nouveaux par jour.
http://www.youtube.com/user/refbatch

Des vidéoblog où ce que des filles racontent ce qu'ils viennent d'acheter, le nouveau magazine feuilleté ou autres merdes. http://www.youtube.com/watch?v=EEaP-Qy86ow (i kissed a girl 1st time)

Des chats http://www.youtube.com/watch?v=PMD5FS20tTY

Milène qui dit bonne fête à sa cousine http://www.youtube.com/user/saskatechewan

La chaîne du pape http://www.youtube.com/user/vatican?blend=3&ob=4

my fastest lap http://www.youtube.com/user/Neo351#p/a/u/0/oz4qhQRFilA

etc... etc...

Chaque minute voit s'ajoute cent, mille voire cent mille minutes de vidéos.... où chercher dans toute cette merde permanente ? La démocratisation vers le bas à son meilleur, aucune pitié pour les vidéos de meilleure qualité qui sont présentés avec pour seule hiérarchie le nombre de personne qui l'ont vu.

D'ailleurs, on est rendu à 3000. C'est qui les 3000 morons qui ont vu ça ? http://www.youtube.com/watch?v=oPZD25h7dd4

 -Séb

7.2.11

Au-delà de la mémoire...

Quand j'ai écrit sur la mémoire collective il y a quelques jours, j'ai effleuré plus ou moins accidentellement un sujet sans entrer dans les détails, celui du drame biographique au cinéma. Avec du recul, quelques précisions s'imposent. Mon intention n'était pas de remettre en cause le soucis éthique de l'authenticité derrière un drame biographique. D'abord, je vous invite à lire mon premier texte si ce n'est déjà fait.

2.2.11

À faire.

Mitch écrit des messages plus longs et moi j'écris des messages plus impertinents. Aujourd'hui il neige. Ce n'est pas facile d'être un artiste autonome. Il faut se lever le matin. Ce matin j'ai décidé de continuer à dormir. Plus tard dans ma journée, je me suis dit que je n'aurais pas dû. Donc du donc, après mes 12 (DOUZE!) putains d'heures de sommeils, j'ai fumé des cloppes et bu du café en me disant que j'me sentais pas si bien que ça pis que j'avais trop dormi. Après, j'ai été plutôt improductif aux tâches que je devais accomplir. Plus tard, j'ai décidé d'aller prendre une marche alors j'ai marché moins de 5 minutes avant de rentrer dans un magasin pour acheter des choses que j'avais besoin mais pas planifié mais tout de même utiles mais qui fit pas tant dans mon budget. Bon. J'ai 3 nouveaux pantalons. La fripperie à Coaticook est bien garnie, signe qui doit y avoir du monde pas pauvre dans la place. Je dirais même que la fripperie est chère. Pour une fripperie. Frip. Frippe.



Après tout ça j'ai voulu prendre une marche mais j'avais pleins d'affaires dans les mains alors je suis allé acheter des légumes au Légu-Fruit où j'avais espoir d'y retrouver ma caissière préférée mais elle n'était pas là alors j'ai acheté des fruits. Ensuite j'ai cuisiné une poutine maison et fait une sieste et là je me suis dit que je devrais me remettre à ce que je devrais me faire mettre à faire mes affaires mais j'ai finalement reçu un texto (SMS) de Russie et je me suis dit qu'il serait une bonne idée d'acheter une carte d'appel pour appeler là-bas, ce que je viens de faire. Et là je suis là en train d'écrire des affaires plutôt que de faire des affaires.

Business as usual. Je suis un mauvais démarreur d'entreprise culturelle. Le mec dans le JobBoom y se starte une entreprise 14 heures par jour. Why can't I do the same? Maybe j'devrais me lever le matin quand l'énergie du matin est là, plutôt que d'étirer la sauce de mon lit.

Miaow,

-Séb
PS : J'ai aussi arrosé mes plantes et lavé ma chiotte.

1.2.11

Greyhound = ape sex

Ok j'étais à la recherche d'un film que j'ai vu récemment dans une galerie d'art. J'utilise Google pour trouver le titre dudit film et peut-être même avoir la chance de le voir sur le web, ou au moins savoir c'est quoi et c'est disponible où ou qui l'a fait pour lui écrire, etc. C'est une histoire d'amour entre une femme et un singe (en anglais, ils utilisaient le mot ape). Alors quelle était la chance que le 2e lien en haut soit un lien où on envoie chier les hyppies québécois qui prennent le bus Greyhound entre Montréal et New York ?

http://www.bytesoflove.com/2010/09/16/astonishing-tales-of-love-avoid-sounding-like-a-desperate-sex-ape/

Sûrement pas si faible que ça faut croire. Et le sujet de l'article, lui, me touche directement ces temps-ci. Malade.

-Séb

Temps

C'est pas le temps d'écrire ce que je pense sur le suicide, mais, bonne semaine de la prévention du suicide!

-Séb

30.1.11

La mémoire collective

La semaine dernière, je réécoutais The Social Network. Toujours aussi bon (à mon avis). Ensuite, j'ai changé de DVD afin de jeter un coup d'oeil au making-of qui s'est avéré être un véritable documentaire de 1h30. Complet, hallucinant, et aussi troublant que le film d'une certaine façon...

The Social Network est inspiré de faits vécus, mais il y beaucoup d'éléments de fiction dans le film. À la base, le livre duquel il a été adapté (The Accidental Billionnaires) était une collaboration entre son auteur et Eduardo Saverin (co-fondateur de Facebook, au coeur du film) jusqu'à ce que Saverin en vienne à une entente confidentielle avec Zuckerberg. Il s'est alors retiré du projet littéraire.

Ce qu'il y a de troublant dans le making-of, c'est l'aspect "fiction" qui prend toute son ampleur. On réalise à quel point ce film n'est en rien différent de n'importe quel autre film. Les artisans y remettent en question des éléments de la structure narrative, des répliques, des intentions, etc. Tout ça dans le but de faire "un meilleur film", mais jamais dans le but de "représenter la réalité". De ce côté, on ne peut rien reprocher aux cinéastes. Le film ne s'est jamais publicisé autour d'une prétention d'authenticité. Les principaux collaborateurs ont toujours défendu leur film en précisant que certains éléments ou personnages avaient été ajoutés à des fins dramatiques.

Et la mémoire collective dans tout ça ?

Aujourd'hui, le film ne pose pas de problème. On est en plein dans le phénomène Facebook et la majorité des gens peuvent faire la part des choses en ce qui concerne la réalité et la fiction. Mais dans 50, 100, 150 ans, quand Zuckerberg et tous les autres seront morts et qu'on voudra revenir dans le passé pour essayer de comprendre Facebook, le film sera une pièce à conviction majeure. Et là, sans doute, on aura plus de difficulté à faire la part des choses.

The Social Network n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Il est toujours difficile pour quiconque devient connu de se battre pour ce en quoi il croit, car au final, la mémoire collective aura toujours raison de la perception que l'on gardera. Et cette mémoire, elle n'est pas toujours le reflet de la réalité.

Les exemples sont nombreux : l'héritage musical de Zappa a été complètement vidé d'opinions, réflexions et philosophies derrière sa démarche. Au final, la mémoire collective ne retient qu'une partie de sa musique, sa moustache, et on oublie tranquillement le reste. On ne retient que les bons ou mouvais coups des politiciens, mais rarement qui ils étaient vraiment comme personnes. On ne retient de James Dean ou Marilyn que l'image qu'ils dégagent sur des posters dans une résidence d'étudiants... Etc.

Au final, on se demande pourquoi tant de gens accordent autant d'importance à l'image qu'ils dégagent, mais l'histoire nous montre que c'est à peu près tout ce que l'on retiendra d'eux de toute façon. Ceux qui parviennent à entrer dans la mémoire collective pour leurs convictions réussissent sans doute un véritable exploit ! En fin de compte, que Zuckerberg soit un troul-de-cul ou non, cela n'aura plus vraiment d'importance. Dans tous les cas, on retiendra qu'il a créé le plus gros des réseaux sociaux alors qu'il dégageait l'image d'un être asocial et solitaire...