11.2.13

Petit film

Here is a petit film à écouter. 

« The point of the story is you don't really want a go when something is closing 'cause then you'll have to wait to go back there. »


- Séb

31.3.12

Pour mes enfants qui n'existeront jamais...


Ce soir, j’aurais aimé qu’il se passe un évènement déterminant dans ma vie. Tout me menait ailleurs. Et plus la soirée avançait, plus je me rendais compte qu’il y avait quelque chose d’anormal. Cette soirée était une anecdote en formation. Le genre de moment dont on se dira dans 20 ans : «Te souviens-tu du 30 mars 2012 ?» À condition d’avoir bien sûr une sorte de punch. Mais tel ne fût pas le cas. Cette soirée tombera donc certainement dans l’oubli. Pourtant,... Non. Je refuse. Mes enfants auraient pu exister à cause de ce soir. Si seulement le destin avait été de mon côté...
Commençons par «il était une fois»... Il était une fois un jeune réalisateur talentueux, beau (pour ne pas dire populaire auprès des femmes), jeune, qui s’était engagé dans un projet qu’il devait tourner le... 30 mars 2012. Malheureusement, pour des raisons que l’on qualifie dans le milieu de « creative differences », il se retira du projet moins d’une semaine avant sa concrétisation, bien qu’il fût à bord pour presque deux mois. 
Parenthèse. J’ai l’air d’un trou de cul ici, mais ce fût une séparation à l’amiable. Du moins, je l’espère. Je leur souhaitais réellement un succès, mais je n’étais clairement pas la bonne personne pour leurs demandes. Malheureusement, les deux parties s’en sont rendues compte trop tard. Bref, après une semaine houleuse, j’étais quand même hanté par le fait qu’à l’origine, «je devais tourner ce soir». 
N’ayant plus d’implication dans cet évènement, je décidai (passé simplement) d’aller prendre un verre avec un ami, que j’appellerai ici bien affectueusement «mon plan B». Hors, mon plan B me laissa tomber à la dernière minute pour cause de blonde enceinte avec complications... Une raison comme une autre, quoi. 
Sur le coup, je fût passé simplement toujours un peu déçu, notre rencontre étant prévue depuis deux jours. Je fît donc appel à «mon plan C». Ce dernier, un peu trop fatigué, rejeta l’offre. N’écoutant que mon désir d’explorer l’alphabet, j'explorai mon plan D, et il accepta.... Enfin !
C’est dont avec un soulagement digne d’un condamné à mort convertit en condamné à vie que je me rendit à l’arrêt d’autobus pour me rendre à la nouvelle succursale québécoise (dans le sens municipal, et non provincial) d’une chaîne que je ne nommerai pas, mais qui débute par «trois» et qui finit par «brasseurs». 
Je me souviendrai toujours de mon regard vers le chemin des Quatre-Bourgeois, remarquant 50 mètres avant l’arrêt, que mon autobus attendait déjà à la lumière rouge. Mes biceps, pectoraux et autres muscles atrophiés donnèrent tout ce qu’ils avaient afin de rejoindre le véhicule de transport en commun. Ma course contre le feu rouge fût victorieuse. Faisant signe au chauffeur de me laisser monter, ce dernier ouvrit la porte et pointa la rampe d’accès en me disant sur un ton de tragédie grecque : «Je sais pas comment ça marche». Et il quitta... 
Ta-bar-nak !
Cher chauffeur 801 passé à l’arrêt Bégon direction Québec à 20h53 en ce vendredi 30 mars 2012, tu auras ma haine à jamais ! Faisait frette, câlisse...
Patiemment, j’attendis le bus suivant, pour constater, en même temps que la conductrice, que la rampe d’accès défectueuse ne fonctionnerait jamais. Un valeureux passager m’aida à monter à bord, et la conductrice m’aida à son tour à descendre à l’arrêt de la Place Ste-Foy. J’espérai seulement ne pas tomber sur le même autobus à mon retour.
À destination, mon plan D et moi n’eurent d’autre choix que de se plier au «line up» que, personnellement, je n’attendais point. Non mais sincèrement, depuis quand ça pogne à Québec les criss de 3 bras... brasseux de marde, dis-je ?, Nous quittâmes l’endroit en direction d’une destination plus classique, un certain Pub de l’Universidad. 
Insérez ici une autre anecdote d’autobus au choix ne valant pas la peine d’être élaborée pour cause d’implication mineure, et de paresse intellectuelle. 
Une fois au traditionnel Pub, pratiquement 45 minutes s’écoulèrent avant notre première gorgée de bière pour cause de serveuse fantôme. Elle fût mémorable, cette gorgée. Savoureuse. Le fruit d’une épopée digne d’Homère. Cette bière fût, l’histoire d’un bref instant, la raison de notre existence. Avoir une bague de fiançailles sur moi, j’aurais certainement marié mon pichet...
À cet instant précis, j’aurais aimé qu’il se passe quelque chose de mémorable dans ma vie. Un évènement hasardeux devenant le produit d’une destinée aux portées impensables. J’aurais aimé dire à mes enfants un jour, dans 30 ans: si je ne m’étais pas retiré du projet que je devais tourner, si mon plan B n’avait pas eu une femme enceinte, si mon plan C n’avait pas été fatigué, si mon plan D n'avait pas dit oui, si je n’avais jamais été capable de prendre l’autobus, s’il n’y avait pas eu de file d’attente au premier bar, vous n’existeriez pas. 
Mais je n’aurai jamais l’occasion de raconter cette histoire, simplement parce que les enfants à qui cette aventure est destinée n’existeront jamais. Il ne s’est tout simplement rien passé. 
Pourtant, quand j’y pense, ma vie, depuis plusieurs années, n’est que le fruit d’un hasard aux goûts douteux. Si je n’avais pas été dans un certain vol d’EasyJet un 31 décembre 2007, je ne serais probablement pas en train d’écrire cette histoire ce soir. 
Finalement, peut-être que j’écris cette histoire pour mes enfants. Peut-être même que le simple fait d’écrire ce texte provoquera leur existence. Qui sait ? Alors, un jour, je pourrai leur dire : vous existez parce que l’absurde m’a poussé à écrire sur la fatalité, et cela a créé encore mieux: vous, de l’espoir !
Et si je ne m’étais pas retiré du projet ? 
Avec des si, on parle en espagnol... Nouveau proverbe ! Maintenant, à l’avenir de déterminer si ce texte existe simplement par excès de soulagement de conscience, ou par conscience de soulagement... Et même s’ils n’existeront jamais, j’espère que mes enfants savent que je les aime. 

8.2.12

Mon égo est un petit pois qui se prend pour un éléphant (ou l'inverse)


Ne prenez pas cet article au sérieux. Ou si, prenez-le, mais ne venez pas vous plaindre que je ne vous aurai pas averti. Je viens de lire un article sur l’importance d’écrire. Chaque jour. À la même heure si possible. À go, on crée. Go !
Bref, cet auteur que j’aime bien préconise la routine et la recherche d’inspiration pour trouver un sujet. Jusque là, je suis d’accord. « Si vous manquez d’inspiration, lisez quelque chose et buvez beaucoup de café ». Je simplifie un peu, mais l’idée est là.
Je crois depuis longtemps aux vertus thérapeutiques de l’écriture. Quand ça va mal, j’ouvre une page blanche et je me défoule comme un con. Au point où si j’avais l’intention de faire carrière en politique un jour, il ne faudrait surtout pas que quelqu’un me pique mon ordinateur et révèle au grand jour la portée de mes élans dramatiques du vendredi soir.
Écrire, c’est bien. C’est magique même d’une certaine façon. Mais écrire, ce n’est rien si personne ne nous lit. Quoique des fois, on a beau ce dire qu’il serait mieux si tel auteur n’était pas lu. Bref, malgré tous mes élans dignes de Werther, je me suis rendu compte que la thérapie prend seulement effet à partir du moment où quelqu’un accepte de lire mes conneries. Mais comme ce sont des conneries, je ne peux quand même pas les faire lire à n’importe qui…
Alors voici comment ça fonctionne. Dans l’ordre : vous écrivez ce que vous pensez et si vous êtes le moindrement vertueux, en plus vous êtes honnête. Bien. Dans ce cas arrangez-vous pour ne jamais gagner votre vie à écrire. Quand votre portefeuille déprend de vos idées, vous obtenez la ligne directe pour la corruption de l’esprit. C’est à s’en dire : « J’ai faim, donc je vais écrire n’importe quoi ». Ensuite, si vous êtes le moindrement talentueux, vous devenez célèbre. Les gens vous aiment et vous suivent. Ensuite, si vous êtes le moindrement con, vous voulez que les gens continuent de vous aimer donc vous écrivez n’importe quoi. Ensuite, si les gens qui vous suivent sont assez cons, ils se mettent à croire que ce que vous écrivez comme connerie a autant de valeur que les bons textes que vous faisiez au début.
Si vous êtes le moindrement brillant, vous allez vous en sortir avec un minimum d’imagination et de stratégie. Si vous êtes con, vous allez finir comme tous ces groupes de « one hit wonder » qui n’ont jamais compris la recette de leur succès.
On ne me suit pas encore, mais j’ai l’impression d’avoir de bonnes idées. Si un jour j’ai des lecteurs attentifs, il faudrait que je m’engage à ne pas les décevoir. Mais quand on écrit d’abord à des fins thérapeutiques, autant dire qu’il ne faut pas s’empoisonner avec l’eau qu’on se sert à soi-même…


7.2.12

Comment arrêter une balle avec ses mains


La vie est une partie de ping pong. On échange, on se renvoie la balle. Des fois rapidement, d’autres pas. Ensuite, on accélère ou on ralentit volontairement le jeu. Attention ! C’est si facile de se brûler ! Parce que des fois, on pense avoir une bonne stratégie et puis, non… Et des fois, on perd ou on gagne. C’est un peu ça le problème avec le ping pong. C’est qu’on a toujours l’impression qu’il ne peut y avoir qu’un seul gagnant. Et le ping pong, c’est comme la vie !
Mais pourquoi au juste ? Pourquoi faut-il toujours être en compétition ? Des fois, ça pourrait finir comme une partie nulle et tout le monde serait heureux. J’aime bien me transformer en pongiste simplement parce que j’aime jouer. Je m’en fous de gagner, je n’ai jamais gagné. Mais j’aime jouer. 
Depuis quelques semaines, je jouais au ping pong avec une fille. Moi, tout ce que je voulais, c’était continuer de jouer. Mais j’ai perdu. En fait non, on ne s’est pas rendus au bout de la partie. Mais comme j'ai joué tout croche, c'est comme si j'avais perdu.
            Qu’est-ce qui s’est passé ? J’ai envoyé un smash un peu fort, mais je pensais tout de même me faire renvoyer la balle. Au lieu de ça, elle l’a attrapée avec ses mains et ne l’a jamais retournée. Quelques jours plus tard, je lui ai envoyée une autre balle. Elle l’a encore attrapée et me faisant clairement comprendre d’attendre, car c’était à son tour d’être au service. Je ne crois pas qu’elle me renverra de balle. J’ai perdu.
            Comment fait-on pour arrêter une balle avec ses mains ? C’est simple, on l’attrape et puis c’est tout. On arrête les échanges. Et si on mène, on a beau jeu de le faire. Ça me servirait à quoi de renvoyer des balles maintenant ? Le message était clair : « attends la prochaine de ma part, ou sinon on ne jouera plus ».  Dans tous les cas, je crois que résultat sera le même: on ne jouera plus. Mais je me raccroche au mince espoir de patience qu’il me reste.
* * *
            Quand j’étais en secondaire un, je jouais au ping pong tous les midis. Je n'ai jamais gagné une seule partie. Je me dépêchais de manger mon sandwich et d’aller prendre mon « next ». J’avais une raquette Dunlop bleue au recouvrement très lisse. Trop lisse même. Mais avec le temps, je m’étais habitué.
            J’étais mauvais parce qu’avec mes malformations osseuses, il m’arrivait d’avoir de la difficulté à viser. Sans compter le fait qu’avec la chaise roulante, c’était difficile d’aller du côté de mon revers. En fait, j’avais une seule vraie arme: un service suffisamment rapide et près du filet du côté droit pour en surprendre quelques uns. Mais ça n’a rien changé. Je n’ai jamais gagné de partie.
            Un jour, je me suis retrouvé à jouer contre le meilleur joueur de l’école. « Un gars de secondaire cinq » si je me souviens bien. Il y avait beaucoup de spectateurs. La table était complètement entourée par les participants du mini-tournoi. Je savais que mes chances étaient nulles, mais je voulais profiter de l’expérience et donner le meilleur de moi-même. C’est la seule fois que j’ai joué contre lui, car les joueurs comme lui ne veulent pas jouer avec les moins bons joueurs comme moi.
            Pendant un échange, j’ai commis une erreur qui était certaine de me coûter le point. J’ai renvoyé la balle beaucoup trop lentement et trop haut, comme un ballon sacrifice de baseball. C’était la situation parfaite pour renvoyer la balle en smash. Je me souviens avoir eu le temps de penser « merde, il va me la smasher ». Je me souviens l’avoir vu prendre son élan sans pitié pour le joueur moins bon que j’étais. J’ai mis ma raquette en avant de moi et j’ai fermé les yeux...
            Quand je les ai rouverts, tout le monde criait et applaudissait autour de la table. Je n’ai jamais vu ce qui c’était passé, mais la balle avait frappé la table de mon côté, puis ma raquette, puis la table de son côté et il ne l’avait jamais retouchée… J’avais remporté le point !
            Quelques instants plus tard, j’ai perdu la partie. Mais pendant une fraction de seconde, j’avais battu ce « joueur de secondaire cinq ». Le plus grand moment de ma carrière. Un coup de chance monumental. Sauf que pendant ce bref instant, j’ai compris pourquoi j’aimais jouer au ping pong. Parce que même s’il était probable que je ne gagne jamais, il y avait toujours une chance que ça arrive. Je n’étais pas à l’abri d’un heureux coup de chance, ou au minimum d’une amélioration certaine.
            Et puis merde, j’aime le ping pong, mais pas seulement pour jouer. Je rejouerais n’importe quand et l’idée d’arriver à en gagner une me fait saliver. Mais pour avoir une chance de gagner, encore faut-il que l’autre veuille jouer...

29.12.11

Revue de presse

Nos valeurs québécoises : http://restonsadq.ca/?page_id=106 (je dirais capitalistes, plutôt)

Les ondes électromagnétiques émises par les nouveaux compteurs d'Hydro-Québec : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/339274/compteurs-intelligents-hydro-fonce-malgre-les-questions-en-suspens

- Séb

4.7.11

I bought

I bought 2 trombones
and a speed ticket
and a newspaper telling me the access to property is growing down
and ice cream
and ice cream
and ince cream
and her a beer
and a coffee and ice cream
and i'll buy food
and again
and gazoline
and cigarettes

and I don't know anymore
what will be going on
If we could get rid
of the generation of LandLords
than we'd be okay
than for a while.

-Séb
 I sorta would like to see you like right now but I hope it is better for you to be there and anyway it looks alike i'm busy down here so even if you'd be around what would I offer you ? May you give some news.

19.5.11

Studio

Le gars au studio aujourd'hui il me paye le Subway!!
Une grande première : se faire payer le lunch par son client. Il est adorable. Et puis, sa musique est bonne.
Succès à toi, Mathieu de Margerie!

-Séb

6.5.11

Le jour où je me suis aimé...

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai compris qu'en toutes circonstances, j'étais à la bonne place, au bon moment. Et alors, j'ai pu me relaxer. Aujourd'hui je sais que cela s'appelle… l'Estime de soi.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle n'étaient rien d'autre qu'un signal lorsque je vais à l'encontre de mes convictions. Aujourd'hui je sais que cela s'appelle… l'Authenticité.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, J'ai cessé de vouloir une vie différente et j'ai commencé à voir que tout ce qui m'arrive contribue à ma croissance personnelle. Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle… la Maturité.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai commencé à percevoir l'abus dans le fait de forcer une situation ou une personne, dans le seul but d'obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n'est pas le moment… Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle… le Respect.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai commencé à me libérer de tout ce qui n'était pas salutaire, personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie. Au début, ma raison appelait cela de l'égoïsme. Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle… l'Amour propre.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai cessé d'avoir peur du temps libre et j'ai arrêté de faire de grands plans, j'ai abandonné les méga-projets du futur. Aujourd'hui, je fais ce qui est correct, ce que j'aime quand cela me plait et à mon rythme. Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle… la Simplicité.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai cessé de chercher à avoir toujours raison, et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé. Aujourd'hui, j'ai découvert … l'Humilité.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l'avenir. Aujourd'hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe. Aujourd'hui, je vis une seule journée à la fois. Et cela s'appelle… la Plénitude.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir. Mais si je la mets au service de mon cœur, elle devient une alliée très précieuse ! Tout ceci, c'est… le Savoir vivre.
Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter.
Du chaos naissent les étoiles.

- Charlie Chaplin.

29.3.11

Re: neorhino

Tu vois, il y a des jours comme ça,
et des jours comme ça.

Ce matin - il est tout de même 18h28, mais j'aime l'expression ce matin - je lis le courriel ci-bas et je me dis : ben oui, je suis pour la décroissance, je vais aller m'acheter une terre, m'installer dessus pis être relax. Lâcher le reste de ce que j'ai, et tout ce que je fais.

Il y a les matin où j'ai envie de partir : déménager en thailande, au cambodge, au mexique, whatever, et enseigner les langues là bas. Vivre avec le minimum, mais survivre de mon salaire d'enseignant. En profiter pour visiter un autre pays.

Et il y a les matins où je fais comme aujourd'hui : je gère une carrière musicale. Ou j'essaie. Demain je suis en entrevue à la radio, le lendemain j'utilise ma voiture et vais donner un show à montréal. Je reçois des appels et je gère un horaire, un agenda, des rendez-vous. Je book des shows. J'écris des emails, pis d'autres. J'envoie un dossier de presse ça d'épais dans la poste à 10 festivals différents. (ça coûte 40 piasses)

Et il y a les matins où tu m'écris un courriel. Où c'est écrit "viens dont habiter à whitehorse", avec tout ce que ça peut vouloir dire. C'est crissement mon fantasme ça, travailler à Parc Canada, dehors, guider des touristes allemands ou réparer des sentiers. Manger du gazon. Mais bon. Je suis ici, et je m'entête à vouloir démarrer une entreprise, un succès, mes ventes de disques ou ma vente de spectacles. Au XXIe siècle. Ça sera pas facile, et je vais peut-être même en mourir. Sans terre pour me nourrir. Et là, là seulement, j'espèrerai qu'il me restera une place pour dormir, et travailler, une terre dans le nord, à quelques miles de Rimouski. Merci d'être là. Je ne t'oublierai pas, mais ce n'est pas pour cette année. Et j'espère que, d'ici là, il y aura quelqu'un pour te combler, quelque part, dans ton cœur.

-Séb
This message isn't intended to be depressive even if it really sounds like it.


---------- Forwarded message ----------
From: Maude Champagne
Date: 2011/3/26
Subject: Une lettre de Fred Vargas…
To:


Prenons soin de la planète dans nos choix et nos gestes.
 
Maude
 
 
 
Objet : Une lettre de Fred Vargas…

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.

Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.

Nous avons chanté, dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.

Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

Franchement on s'est marrés.

Franchement on a bien profité.

Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.

Certes.

Mais nous y sommes.

A la Troisième Révolution.

Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.

« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

Oui.

On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.

C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.

La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.

De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.

Son ultimatum est clair et sans pitié :

Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).

Sauvez-moi, ou crevez avec moi.

Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.

D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.

Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille) récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).

S'efforcer. Réfléchir, même.

Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.

Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.

Pas d'échappatoire, allons-y.

Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.

Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.

A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut être.

A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.

A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.


 

Fred Vargas
Archéologue et écrivain





16.2.11

Youtube

Estie qui a de la marde sur YouTube

Pleins de jolies asiatiques. http://www.youtube.com/watch?v=dgO11qy2-dw&feature=related
Ça, à la limite, c'est juste cool qu'il y ait ça sur Youtube. Celle à 00:22 j'aimerais avoir sa coupe de cheveux. 1:16 aussi. 1:31 WOW. C'est cette coupe là que je veux.

La fille a fait 13'000 vidéos bipolaires / spirituels / maniaco-répressifs / expert y mentaux / avec des titres réferrant à l'actualité (!?!) et en russes. Câlisse !!! Y'en a genre 15 nouveaux par jour.
http://www.youtube.com/user/refbatch

Des vidéoblog où ce que des filles racontent ce qu'ils viennent d'acheter, le nouveau magazine feuilleté ou autres merdes. http://www.youtube.com/watch?v=EEaP-Qy86ow (i kissed a girl 1st time)

Des chats http://www.youtube.com/watch?v=PMD5FS20tTY

Milène qui dit bonne fête à sa cousine http://www.youtube.com/user/saskatechewan

La chaîne du pape http://www.youtube.com/user/vatican?blend=3&ob=4

my fastest lap http://www.youtube.com/user/Neo351#p/a/u/0/oz4qhQRFilA

etc... etc...

Chaque minute voit s'ajoute cent, mille voire cent mille minutes de vidéos.... où chercher dans toute cette merde permanente ? La démocratisation vers le bas à son meilleur, aucune pitié pour les vidéos de meilleure qualité qui sont présentés avec pour seule hiérarchie le nombre de personne qui l'ont vu.

D'ailleurs, on est rendu à 3000. C'est qui les 3000 morons qui ont vu ça ? http://www.youtube.com/watch?v=oPZD25h7dd4

 -Séb

7.2.11

Au-delà de la mémoire...

Quand j'ai écrit sur la mémoire collective il y a quelques jours, j'ai effleuré plus ou moins accidentellement un sujet sans entrer dans les détails, celui du drame biographique au cinéma. Avec du recul, quelques précisions s'imposent. Mon intention n'était pas de remettre en cause le soucis éthique de l'authenticité derrière un drame biographique. D'abord, je vous invite à lire mon premier texte si ce n'est déjà fait.

2.2.11

À faire.

Mitch écrit des messages plus longs et moi j'écris des messages plus impertinents. Aujourd'hui il neige. Ce n'est pas facile d'être un artiste autonome. Il faut se lever le matin. Ce matin j'ai décidé de continuer à dormir. Plus tard dans ma journée, je me suis dit que je n'aurais pas dû. Donc du donc, après mes 12 (DOUZE!) putains d'heures de sommeils, j'ai fumé des cloppes et bu du café en me disant que j'me sentais pas si bien que ça pis que j'avais trop dormi. Après, j'ai été plutôt improductif aux tâches que je devais accomplir. Plus tard, j'ai décidé d'aller prendre une marche alors j'ai marché moins de 5 minutes avant de rentrer dans un magasin pour acheter des choses que j'avais besoin mais pas planifié mais tout de même utiles mais qui fit pas tant dans mon budget. Bon. J'ai 3 nouveaux pantalons. La fripperie à Coaticook est bien garnie, signe qui doit y avoir du monde pas pauvre dans la place. Je dirais même que la fripperie est chère. Pour une fripperie. Frip. Frippe.



Après tout ça j'ai voulu prendre une marche mais j'avais pleins d'affaires dans les mains alors je suis allé acheter des légumes au Légu-Fruit où j'avais espoir d'y retrouver ma caissière préférée mais elle n'était pas là alors j'ai acheté des fruits. Ensuite j'ai cuisiné une poutine maison et fait une sieste et là je me suis dit que je devrais me remettre à ce que je devrais me faire mettre à faire mes affaires mais j'ai finalement reçu un texto (SMS) de Russie et je me suis dit qu'il serait une bonne idée d'acheter une carte d'appel pour appeler là-bas, ce que je viens de faire. Et là je suis là en train d'écrire des affaires plutôt que de faire des affaires.

Business as usual. Je suis un mauvais démarreur d'entreprise culturelle. Le mec dans le JobBoom y se starte une entreprise 14 heures par jour. Why can't I do the same? Maybe j'devrais me lever le matin quand l'énergie du matin est là, plutôt que d'étirer la sauce de mon lit.

Miaow,

-Séb
PS : J'ai aussi arrosé mes plantes et lavé ma chiotte.

1.2.11

Greyhound = ape sex

Ok j'étais à la recherche d'un film que j'ai vu récemment dans une galerie d'art. J'utilise Google pour trouver le titre dudit film et peut-être même avoir la chance de le voir sur le web, ou au moins savoir c'est quoi et c'est disponible où ou qui l'a fait pour lui écrire, etc. C'est une histoire d'amour entre une femme et un singe (en anglais, ils utilisaient le mot ape). Alors quelle était la chance que le 2e lien en haut soit un lien où on envoie chier les hyppies québécois qui prennent le bus Greyhound entre Montréal et New York ?

http://www.bytesoflove.com/2010/09/16/astonishing-tales-of-love-avoid-sounding-like-a-desperate-sex-ape/

Sûrement pas si faible que ça faut croire. Et le sujet de l'article, lui, me touche directement ces temps-ci. Malade.

-Séb

Temps

C'est pas le temps d'écrire ce que je pense sur le suicide, mais, bonne semaine de la prévention du suicide!

-Séb

30.1.11

La mémoire collective

La semaine dernière, je réécoutais The Social Network. Toujours aussi bon (à mon avis). Ensuite, j'ai changé de DVD afin de jeter un coup d'oeil au making-of qui s'est avéré être un véritable documentaire de 1h30. Complet, hallucinant, et aussi troublant que le film d'une certaine façon...

The Social Network est inspiré de faits vécus, mais il y beaucoup d'éléments de fiction dans le film. À la base, le livre duquel il a été adapté (The Accidental Billionnaires) était une collaboration entre son auteur et Eduardo Saverin (co-fondateur de Facebook, au coeur du film) jusqu'à ce que Saverin en vienne à une entente confidentielle avec Zuckerberg. Il s'est alors retiré du projet littéraire.

Ce qu'il y a de troublant dans le making-of, c'est l'aspect "fiction" qui prend toute son ampleur. On réalise à quel point ce film n'est en rien différent de n'importe quel autre film. Les artisans y remettent en question des éléments de la structure narrative, des répliques, des intentions, etc. Tout ça dans le but de faire "un meilleur film", mais jamais dans le but de "représenter la réalité". De ce côté, on ne peut rien reprocher aux cinéastes. Le film ne s'est jamais publicisé autour d'une prétention d'authenticité. Les principaux collaborateurs ont toujours défendu leur film en précisant que certains éléments ou personnages avaient été ajoutés à des fins dramatiques.

Et la mémoire collective dans tout ça ?

Aujourd'hui, le film ne pose pas de problème. On est en plein dans le phénomène Facebook et la majorité des gens peuvent faire la part des choses en ce qui concerne la réalité et la fiction. Mais dans 50, 100, 150 ans, quand Zuckerberg et tous les autres seront morts et qu'on voudra revenir dans le passé pour essayer de comprendre Facebook, le film sera une pièce à conviction majeure. Et là, sans doute, on aura plus de difficulté à faire la part des choses.

The Social Network n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Il est toujours difficile pour quiconque devient connu de se battre pour ce en quoi il croit, car au final, la mémoire collective aura toujours raison de la perception que l'on gardera. Et cette mémoire, elle n'est pas toujours le reflet de la réalité.

Les exemples sont nombreux : l'héritage musical de Zappa a été complètement vidé d'opinions, réflexions et philosophies derrière sa démarche. Au final, la mémoire collective ne retient qu'une partie de sa musique, sa moustache, et on oublie tranquillement le reste. On ne retient que les bons ou mouvais coups des politiciens, mais rarement qui ils étaient vraiment comme personnes. On ne retient de James Dean ou Marilyn que l'image qu'ils dégagent sur des posters dans une résidence d'étudiants... Etc.

Au final, on se demande pourquoi tant de gens accordent autant d'importance à l'image qu'ils dégagent, mais l'histoire nous montre que c'est à peu près tout ce que l'on retiendra d'eux de toute façon. Ceux qui parviennent à entrer dans la mémoire collective pour leurs convictions réussissent sans doute un véritable exploit ! En fin de compte, que Zuckerberg soit un troul-de-cul ou non, cela n'aura plus vraiment d'importance. Dans tous les cas, on retiendra qu'il a créé le plus gros des réseaux sociaux alors qu'il dégageait l'image d'un être asocial et solitaire...

28.1.11

À qui s'adresse ce film ?

J'ai du respect pour les critiques qui sont sont assez intelligents pour penser à quel genre de public le film s'adresse au lieu de se fier uniquement à leur "connaissance du cinéma". Je lisais aujourd'hui une critique de The Mechanic. Bon, on s'entend que ce n'est probablement pas un chef d'oeuvre qui va passer à l'histoire (je spécule, je ne l'ai pas vu), mais le critique a été assez brillant pour dire que "dans le genre", c'est un film qui "fait bien la job" !

Pour faire une comparaison alimentaire, il faut comparer des pommes avec des pommes et des oranges avec des oranges... On ne comparera pas No Strings Attached avec Citizen Kane, mais c'est logique qu'on compare The Mechanic à The Expandables ! Bravo !

26.1.11

Ti-gars

Un p'tit gars passe dans la rue. J'y dis salut en fumant ma cloppe, y dit Allô et s'éloigne, bifurque vers le trottoir. Je le regarde aller. Plus loin, y rentre dans le banc de neige et se met à casser un bâton de bois servant au déneigement. Funny little kids.

Black Swan

Hier, je suis allé voir Black Swan pour la deuxième fois. C'est un film à étudier, à voir et à revoir. Au niveau de la subjectivité et du point de vue, c'est un exemple à suivre ! Au niveau de l'évolution narrative, c'est une leçon de cinéma. C'est un "film métaphore" qui adapte de façon contemporaine les éléments du Lac des cygnes alors que le ballet est lui-même au coeur de l'histoire. La fin devient prémonitoire, ce qui ajoute à la folie et à l'obsession...

Au niveau du "point de vue"... Je repensais hier à un reproche qu'on m'a déjà fait à l'école de cinéma par rapport au point de vue adopté dans un de mes courts métrages. Il y a clairement des niveaux à la subjectivité, mais un film peut-il être complètement objectif ? Je crois que non. S'il est objectif au niveau de la mise en scène, il sera subjectif au niveau du scénario, et vice-versa. Si vous avez des exemples qui contredisent ce que je viens de dire, j'aimerais bien les connaître. Ça m'obsède un peu parce que la subjectivité est toujours reliée au "pouvoir" que le réalisateur a sur le spectateur. La majorité des gens qui vont au cinéma mettent leur cerveau à off. Il y a donc une certaine responsabilité éthique qui s'impose lorsqu'on joue dans leurs têtes pendant deux heures de temps. Une responsabilité qui demande une grande réflexion sur la subjectivité qu'on décide d'aborder.

Bref, qu'est-ce qui fait en sorte qu'on décide d'aborder un angle plutôt qu'un autre lorsqu'on adapte une histoire ? C'est probablement l'angle dans lequel on se reconnaît le plus. D'où l'importance d'avoir un détachement des plus complets quand on se fait proposer une histoire qui n'est pas nécessairement dans nos cordes. Sinon, on risque d'aborder le mauvais angle, ou d'en développer un qui n'est pas au centre de l'histoire. Est-ce que Aronofsky se reconnaît dans l'obsession de la perfection ? Probablement. Ça devient récurent dans sa filmographie.

-Mitch

25.1.11

Poings de vue

Après 16 semaines de débats, moi pis Mitch on finit par trouver le titre de notre nouveau blog. T'ArtPette n'a pas été accepté, neither 2 Cors valent mieux qu'un. L'un était homophobe et l'autre sonnait un peu gay pour un blog écrit par 2 gars.

Donc le sujet du blog est de parler d'art. On verra ce que ça va donner. Donc voilà ce que je voulais vous raconter c'est qu'on a trouvé le titre "Poings de vue" et j'ai dit à Mitch de le créer. Y me dit "l'adresse est pas disponible". Faque j't'allé me chercher un brainwash de Vitamine D pis j'ai réussit à le créer, moé, le maudit blog. Bon. Va falloir faire faire faire un voyage à Mitch dans un pays pauvre pour qu'y s'trouve un peu de Vitamine D mais on le pardonne.

-Séb